les « situations défis »

Le terrain d’expérience

L’entraînement sur situations réelles va nous permettre de mieux appréhender notre fonctionnement et de l’améliorer.

 Il existe de nombreuses façons de cultiver la bienveillance pour soi-même.

J’ai choisi de  privilégier une des voies, celle de l’expérience directe : comprendre comment nous réagissons en situation difficile, pour pouvoir ensuite intervenir et réajuster. C’est un champ d’expérience à notre portée, nous offrant ainsi de multiples occasions de progrès et d’évolution- au cœur de la réalité de notre expérience.
Lorsque tout va bien, lorsque la vie nous sourit, nous sommes ouverts à l’expérience et prêts à grandir. Lorsque ça se complique, nous avons tendance à nous replier et à répéter des comportements appris.
C’est pourquoi toutes ces situations « à risques », nous pourrions aussi les nommer «  situations défis » car elles constituent le terrain de notre apprentissage.

Je parle ici de ces moments où nous avons besoin justement de notre propre présence, de notre aide et de notre soutien actif. Pourtant, c’est souvent précisément dans ces périodes troublées que nous pouvons être subitement absents de nous-même, que nous nous fuyons, que nous nous abandonnons.
L’enjeu, ce n’est donc peut-être pas tant la situation qui se présente que notre propre présence à retrouver à nos côtés, afin de nous accompagner dans cette situation périlleuse – rester présents à nous-même dans les moments qui comptent.

Quand il y a péril en la demeure…

On pourrait dire que quelles que soient les conditions météo, sur notre parcours de vie, nous rencontrerons chacun nos zones de risques. Ce que j’appelle zones de risques dans le cadre qui nous intéresse, se rapporte à ces situations de vie qui pour nous ne sont pas faciles à vivre, à gérer, à dépasser. Ces situations que nous percevons comme périlleuses.

On peut reconnaître  une situation à enjeu, à sa dimension d’insatisfaction : une situation qui nous laisse insatisfait d’une façon ou d’une autre. Plus ou moins consciemment, nous nous en voulons parce que nous estimons que nous pourrions faire mieux,  nous en voulons à l’autre parce que nous estimons que c’est de sa faute, nous en voulons au contexte qui ne nous donne pas les opportunités auxquelles nous avons droit…

Une situation à enjeu peut également avoir comme caractéristique son caractère répétitif : bien que la situation puisse se reproduire  encore et encore, parfois sous différentes formes, nous ne pouvons la gérer de manière adéquate. Nous y répondons à chaque fois de la même façon, renouvelant ainsi l’insatisfaction de nous-même.
Parce qu’on peut continuer à s’emporter, ou se taire, alors même que l’on sait pertinemment que l’on devrait faire l’inverse, qu’une situation reste un défi pour nous, que nos comportements s’opposent à nos valeurs …

Il s’agit donc de situations impliquant des émotions, des ressentis internes inconfortables, des pensées récurrentes….Parmi les situations périlleuses, celles que nous craignons, celles qui nous perturbent, nous trouverons beaucoup de situations qui nous placent sous le regard des autres : parler en public est par exemple une situation paralysante pour de nombreuses personnes. Mais pas seulement. Il peut s’agir d’une situation de conflit, quand nous nous énervons systématiquement ou qu’au contraire, nous ne disons rien alors que nous voudrions pouvoir le faire. Quand nous ne parvenons pas à « faire entendre raison » à « notre » ado, etc….Mais aussi des situations qui nous placent en face de nous-même – prise de décision, procrastination, difficulté à passer une étape…Je sais que je dois me lever parce que j’ai des choses importantes à faire et pourtant je reste au lit, je ferais bien de m’occuper de ces papiers administratifs mais je préfère regarder la télé, je devrais faire du sport mais… Des situations où la motivation, essentielle, est absente – mais pas forcément la mauvaise conscience. Mauvaise conscience qui risque d’ailleurs de plomber un peu plus la motivation…

Dans un premier temps, ces situations d’apprentissage vont nous donner l’occasion d’observer en live notre petit cinéma interne. Il y a fort à parier qu’elles vont instantanément déclencher ce que nous cherchons à comprendre, à approcher. Nos habituels fonctionnements inefficaces vont se découvrir, sortir de l’ombre.

Pour plus d’efficacité pour aborder ces situations, il est conseillé de s’entraîner progressivement, de « tiède à brûlant ». Ainsi on peut commencer à s’entraîner sur des situations « tièdes » comme par exemple, faire face aux contrariétés,  négocier les aléas de la vie de tous les jours, prendre des décisions de peu d’importance….Nos petites chamailleries par exemple ne sont pas anodines, elles peuvent révéler des besoins profonds. Elles symbolisent l’art de rester en surface pour ne pas aller y voir de plus près…

Puis nous pourrons passer aux situations à risque : des situations qui pour nous présentent un enjeu important, vécues comme des situations d’échec…. Ce sont des situations où nous nous trouvons confrontés à nos limites, où nous ne parvenons pas à atteindre un objectif que l’on s’était fixé, où nous nous comparons à autrui, où nous nous sentons impuissants….

Souvenons-nous :

  • Les situations à risque sont l’occasion de mieux nous connaître, de créer de la proximité avec nous-même. Voilà une grande chance, car nous pouvons nous ainsi nous entraîner tous les jours : car chaque jour nous apporte des situations d’apprentissage – pour peu que nous sachions les reconnaître !
  • L’entraînement sur situations réelles nous permet de travailler notre centrage.
  • Le temps long nous permettra de revenir sur la situation en différé.

Ces situations insatisfaisantes répétitives vont nous fournir l’opportunité de cheminer avec la pleine conscience, de nous réinstaller dans l’instant présent pour y rencontrer nos émotions, explorer nos croyances limitantes. La promesse qu’elles portent en leur cœur, c’est la possibilité de dépasser ce blocage et d’inventer de nouveaux comportements pour y répondre de manière plus efficace.

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