Etre présent à son discours mental

CERVEAU4

« Parfois je pense, parfois je suis. » Paul Valery
« Penser, c’est se parler à soi-même. »  Platon
« Si une idée te gêne, reconnais la, et examine cette idée. »  Marc Aurèle

Nous croyons en nos capacités mentales et nous avons raison. L’esprit est un superbe outil si nous nous en servons à bon escient. Mémoriser, explorer, inventer, rêver, imaginer, conceptualiser, voici quelques-unes des capacités extraordinaires de l’esprit humain qui est en perpétuel devenir et ne cesse d’évoluer.

Mais la pensée n’est qu’une des facettes du fonctionnement de notre esprit.
Et c’est là que nous avons un problème. Faut-il incriminer ce pauvre Descartes ? Nous n’avons retenu de ses vastes travaux que sa fameuse maxime «cogito ergo sum ».  Son « je pense donc je suis » a imprégné notre culture moderne et durablement influencée notre compréhension de l’esprit dans l’unique paradigme de la pensée comme outil de la connaissance. Elle a généralisé, en particulier dans notre pays, le concept de la prédominance de la pensée sur toute autre forme d’intelligence.

Nous avons un vrai problème : comme un poisson dans l’eau, nous évoluons dans nos pensées sans même en avoir conscience.
Nous manquons de distance par rapport à nos pensées. La certitude de la véracité de  l’équation penser = exister- et par voie de conséquence, la croyance que si nous cessons de penser, nous cessons d’exister- nous a encouragé à totalement « coller «  à nos pensées de manière fusionnelle. Pour exister, avoir une identité, une valeur,  on nous a plutôt répété que nous devons penser, penser beaucoup, penser tout le temps. (Il est estimé que notre cerveau produit  entre 40 000 et 60 000 pensées par jour en fait.)
Et ainsi nous sommes nombreux à être persuadés que penser est un état naturel, une constante, voire une nécessité. Qu’il n’y a pas moyen de faire autrement, de même que l’on ne peut pas survivre sans respirer.

La clé est en effet de pouvoir les observer, et donc les considérer comme des pensées, non comme une réalité.

Il est impossible de contrôler ses pensées et ce n’est pas le but. Les pensées sont comme un flux incessant, une marée qui monte et qui descend.
Par contre il est essentiel pour notre bonne santé psychique , d’être en capacité de prendre du recul, d’observer notre discours mental. Mes pensées m’aident elles, me limitent elles ? Quel discours est ce que je me tiens à moi-même, face à telle personne, telle situation ?
Une  question peut nous y aider : «  Quelles sont mes pensées maintenant ? »
Arrêtons nous un instant, et notons toutes les pensées présentes maintenant, comme elles viennent.

Un moyen de nous « décoller «  de nos pensées : noter que ce sont des pensées, et le verbaliser.

Exemple : je suis stressé avant une réunion importante. De manière automatique, si je m’identifie à mes pensées, je pense que la réunion va mal se passer, que je ne vais pas réussir à maîtriser le temps de parole….
Se dire et noter : j’ai la pensée que la réunion va mal se passer….
J’ai la pensée que X va prendre la parole de manière intempestive….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Veuillez compléter ce petit calcul pour valider *