Revivre sensoriellement

Il se peut que nos ressentis puissent à eux seuls, nous permettre de dépasser notre situation difficile. Allons donc voir un peu de ce côté. Et si nous embarquions à bord de nos ressentis ?

Pas besoin d’être spécialiste de quoi que ce soit pour rencontrer ses ressentis. L’approche TIPI nous dit que nous sommes tous dotés d’une fonction autonome de régulation émotionnelle… Cette capacité simple, disponible à la demande et efficace, est une formidable opportunité qui nous est offerte pour réguler nous-même nos états de perturbation émotionnelle. Mais parfois cette régulation ne se fait pas : le mécanisme est bloqué. Ces blocages concernent en fait toutes nos difficultés émotionnelles récurrentes, celles qui s’invitent dans notre quotidien à la moindre occasion : nos peurs, nos angoisses, nos phobies, nos anxiétés, nos stress, nos agacements, nos violences, nos inhibitions… Tout cela peut être passé au filtre du processus TIPI.

Comment faire

Trois conditions incontournables sont à respecter pour que le processus se déroule efficacement, et ces conditions sont les suivantes :

  • Nous partons d’une situation précise. Pour pratiquer le processus, il est indispensable de retrouver une situation représentative de notre difficulté. Cela est très accessible pour les phobies par exemple. Ce le sera moins s’il s’agit d’un état plus diffus. Si j’expérimente un état interne non satisfaisant – par exemple, « je suis tout le temps mal à l’aise, inconfortable mais je ne sais pas pourquoi…. ». «  j’ai une sorte de peur tapie au fond que je n’arrive pas à expliquer.. » je me laisse du temps, je prends le temps d’observer avec bienveillance, à quels moments, dans quelles  situations précises cet état peut se préciser, se manifester avec plus de force…Puis je choisis une situation bien précise. Pour trouver une situation, je  peux  me demander : quelle est la gêne que j’ai aujourd’hui dans ma vie ? Comment ça se traduit, dans quelles situations ?
    Cette situation est vécue dans le présent : on ne part jamais de la situation traumatique originelle, mais de la difficulté actuelle. La personne va toujours aller vers une situation qui est acceptable pour elle, il faut la laisser aller vers ce qu’elle veut.
  • Nous devons nous sentir en sécurité. Voilà pourquoi il est conseillé d’appliquer le processus TIPI avec du recul sur la situation. Pour pouvoir être à l’écoute de ses ressentis et rien que de ses ressentis, nous devons être en zone tranquille  Ainsi pour pratiquer TIPI sur soi-même, il est essentiel pour revivre la situation en différé, de créer les conditions d’une sécurité interne : endroit tranquille, temps suffisant.  Pour pratiquer en situation, il vaut mieux se retirer de la situation, se mettre en sécurité, quand les sensations sont toujours là, mais atténuées. Par exemple, pris de vertige au bord d’une falaise, on s’éloigne du bord, on s’assoit tranquillement, et là on est encore en contact avec des sensations vives que l’on peut traiter.
  • Nous n’exerçons aucun contrôle mental. Pour que le processus fonctionne, il ne doit y avoir aucune intervention du mental, aucune participation de l’intellect. Et pour l’accompagnant, c’est un dépouillement total. En fait, l’accompagnant en dit le moins possible, il devient transparent. Il ne pousse à aucune investigation mentale ou corporelle, il ne reformule pas la situation de la personne, il ne commente pas, il ne renchérit pas, il utilise les mots les plus neutres possibles, il se contente de suivre le processus en s’assurant que tout se passe comme prévu (en particulier le délai temps qui est un critère de réussite). C’est essentiellement ce point qui est déterminant–la capacité à évoluer uniquement dans le monde des sensations, que l’on soit accompagnant ou accompagné…

Comment ça marche ?

Par commodité de communication, TIPI est le nom donné à la fois à cette capacité naturelle disponible en chacun de nous,  et le nom  de la technique qui permet de se connecter à cette capacité naturelle.

« Pour réguler une perturbation émotionnelle, il suffit de prendre en compte ces sensations « physiques » et de les laisser évoluer, se transformer d’elles-mêmes, les laisser faire, sans contrôle, sans a priori, jusqu’à apaisement. C’est très rapide : 30 à 40 secondes en moyenne pour les adultes, et c’est encore plus rapide chez les enfants. Et surtout, la perturbation est définitivement régulée.

En 2007, une étude réalisée sur près de 300 personnes a largement validé ce phénomène. Depuis, plus d’un millier de professionnels réalisent 10 000 séances par mois dans le monde en utilisant ce processus. Et aujourd’hui, sans doute plus de 20 000 personnes l’appliquent pour elles-mêmes en complète autonomie.

Cette capacité naturelle est universelle : elle est opérationnelle pour tout le monde, quelle que soit la culture. Il faut seulement veiller à rester connecté à ses sensations et ne pas les prendre en charge, par exemple en contrôlant sa respiration ou en cherchant à les apaiser mentalement. 

L’excellente nouvelle c’est que cette disposition étant naturelle et autonome, le processus pour la faire vivre extrêmement simple, nous pouvons pratiquer l’auto-tipi dès que les circonstances le demandent,  en différé comme en situation– si c’est le cas, nous prendrons soin simplement de nous retirer brièvement de la situation pour nous mettre en sécurité. C’est à la portée de chacun d’entre nous, et la pratique est particulièrement efficace en ce qui concerne les enfants- le processus pour eux prend quelques secondes tout au plus. Sans doute parce qu’ils sont beaucoup plus proches de leurs ressentis immédiats, sans interprétation mentale particulière.
Etre au contact des ressentis et rien que des ressentis, voilà ce qui est finalement le plus difficile pour l’adulte. Une première séance avec un praticien TIPI peut être aidante dans ce sens afin de bien poser le cadre d’un protocole efficace. Cela peut aussi aider à prendre confiance dans cette approche que notre mental peut appréhender comme trop simple pour être vraie ; la caution d’une personne formée peut nous influencer pour une meilleure acceptation. Et nous rassurer en constatant  que « revivre » ne présente aucun danger, que nous ne serons pas « débordés » par les manifestations physiques de notre émotion.

C’est lorsque d’une façon ou d’une autre, et souvent sans même m’en rendre compte, j’ai commencé à « penser » mon émotion qu’elle peut me déborder.

le site internet de TIPI vous fournira une vidéo explicative sur la manière de pratiquer ainsi que des informations sur cette approche à soi-même. (voir liens dans la rubrique « Ressources »)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Veuillez compléter ce petit calcul pour valider *