Acceptation

Acceptation
Acceptation et lâcher prise : le concept d’acceptation est difficile à comprendre et à admettre pour les Occidentaux, nous sommes habitués à nous battre contre la réalité et à avoir le réflexe immédiat de la changer si elle nous heurte ; ou encore d’être amers ou tristes si nous ne pouvons pas la changer. Nous nous méfions de tout ce qui ressemble à nos yeux à de la passivité.
Il est essentiel de différencier acceptation de soumission ou démission. L’ acceptation libère et ouvre à un immense champ énergétique.
L’acceptation de soi : ceci n’est pas un concept, c’est une manière d’être, qui s’acquiert  au travers d’une pratique répétée.
Ce  travail d’acceptation porte sur des éléments concrets : ce sont les émotions, pensées, comportements adoptés dans les situations qui posent  problème à l’estime de soi.
Les « situations à risque » pour l’estime de soi  (cf C. André):
Quand on se trouve confronté à ses limites (échec, difficulté à atteindre un objectif que l’on s’était fixé)
Quand on se compare avec autrui
Quand  on reçoit une remarque, une critique même bénigne
Exemples de situations à risque, selon les personnes : échouer en perdant à un jeu, en n’arrivant pas à faire facilement un travail, une recette, un bricolage…. En ne trouvant pas son chemin en voiture,  au cours de conversations avec des personnes que nous pensons plus que nous ( plus diplômées, plus cultivées, plus importantes, plus belles…)
Lorsqu’on nous questionne et que nous voudrions à tout prix avoir la bonne réponse, lorsque nous sommes pris en flagrant délit d’ignorance…
Sous le regard des autres, si nous pensons que nous devrions parfaitement savoir danser, plonger, nager, conduire, pratiquer un sport etc…
Se faire critiquer, chambrer (peur bleue d’être l’objet de plaisanteries)
Que se passe-il alors en nous ?
« Ce rapport intime à nous- même est en grande partie automatique, secret et incontrôlable- il serait si simple de décider de s’aimer une fois pour toutes. Il est cependant accessible à nos efforts d’introspection et d’inflexion. »
Nos mécanisme de défense nous font adopter une réaction automatique : pensée automatique et intrusive sur soi- sur l’autre- sur la situation- générant d’autres pensées ( ruminations) et émotions associées ( honte, colère, tristesse…)
Suivent deux réactions spontanées : tenter de chasser ces pensées, ou s’y abandonner et ruminer.
C’est à cet instant que se situe le travail d’acceptation de soi : au moment précis où ces pensées émergent à la conscience.
Les recherches actuelles en psychothérapie montrent que le travail sur l’acceptation de soi, émotions, pensées, représente une voie capitale, et jusqu’ici négligée, d’aide même pour les personnes présentant des troubles sévères.
L’efficacité de ces techniques commence à être démontrée :
Face à des pensées intrusives liées à un échec, on a pu montrer que la répression induit du stress, alors que l’acceptation facilite un meilleur confort émotionnel. En général, ce n’est pas le nombre de pensées intrusives qui est diminué, mais leur impact émotionnel : c’est à l’interface entre pensée (j’ai  échoué) et conséquence de la pensée ( ce n’est pas normal, je suis nul) que le processus intervient ; La pratique est de reconnaître l’échec ou l’impression d’échec tout de suite pour éviter le train de ruminations négatives.  

            

Pratique de développement personnel : se vivre comme l’artisan perpétuel de soi…
Après avoir beaucoup observé, comparé… On en arrive un jour à ce qui ressemble à une forme de sagesse de l’estime de soi : la capacité à se comparer aussi à soi-même (celui ou celle que nous étions il y a quelques mois, quelques années…)
L’estime de soi commence par l’acceptation de soi.
Accepter : une manière d’être au monde.
Accepter, c’est lâcher prise : on découvre alors que toute une partie des problèmes disparait d’elle-même ; et ce qui reste parait plus simple à changer.
Exercer ses capacités d’acceptation sur le quotidien représente un prélude à l’action sereine pour le changer si nécessaire.
Accepter le monde nous aidera à nous accepter.
Pratique :
Rester conscient : chaque fois que nous nous agaçons face à un contre temps, que nous nous justifions face à une remarque, que nous nous énervons face à un échec, prendre conscience de ce qui se passe en nous : en général, sommes en train de nous dire NON.
Dire OUI : reconnaître que les choses ne se passent pas comme je le souhaite, et l’accepter. Oui, c’est comme ça même si ça m’ennuie. Ne pas tenter tout de suite d’éviter : nier, minimiser, se justifier.
Demeurer dans la situation présente : ne pas partir dans les ruminations d’injustice, de préjudice, ne pas se noyer en soi-même, ne pas exagérer, dramatiser, revenir dans le contexte de la situation et se dégager de ses peurs ( peur de la médiocrité, à ses yeux, aux yeux des autres) Utiliser des petites phrases : prends soin de toi- pas de double peine- accepte et agis
Accepter aussi le passé : pardon repose sur l’acceptation de ce qui a été, renoncer à juger ou à détester.
Considérez cela:
Quelle que soit votre situation de vie, comment vous sentiriez vous si vous l’acceptiez telle quelle – dès maintenant ?