Rester présent à l’émotion difficile

martien qui pleure (2)L’acceptation ne signifie pas tolérer un comportement néfaste, mais s’ouvrir émotionnellement à ce qui se passe à l’intérieur de nous dans le moment présent.
Ce n’est pas résignation ou stagnation, car le changement suit naturellement l’acceptation.
Mais nous avons besoin de connaître ce que nous acceptons : mindfulness.
L’expérience de la compassion pour nous-même lorsque nous sommes en difficulté est acceptation totale : de la personne, de la souffrance, de nos propres réactions à la souffrance.
Nous pouvons avoir une construction mentale du type :
– Je n’aime pas ce sentiment
– J’aimerais ne pas éprouver ce sentiment
– Je ne devrais pas éprouver ce sentiment
– J’ai tort d’éprouver ce sentiment
– Je suis nul
Il vaut mieux interrompre au plus tôt la chaîne d’associations négatives, et attraper notre ressenti en amont, quand l’aversion surgit à partir d’un ressenti désagréable.
Le déroulé ci-dessus nous montre bien que les émotions sont en partie mentales et en parties physiques ; le corps influence la pensée et vice versa. Les émotions s’expriment toujours dans le corps. Si nous pouvons identifier le composant corporel de l’émotion difficile – tension, tremblement… Nous pourrons éviter d’être pris au piège dans une angoisse mentale inutile ( il y a une explication neurologique à cela) Même les émotions intenses peuvent être atténuées par la conscience du corps.Le processus de se tourner vers son inconfort se fait par étapes.

La non résistance est progressive. C’est un processus lent et naturel, il est essentiel d’intégrer chaque étape.

1. Aversion : résistance, évitement, rumination.Première et instinctive réaction aux émotions difficiles : nous détournons le regard de quelque chose de déplaisant. L’aversion est aussi la rumination : nous recherchons comment nous débarrasser de l’émotion.
2. Curiosité : se tourner vers l’inconfort avec curiosité:
Quelle est cette émotion ? Quand surgit elle ? Que veut elle dire ? Si la douleur ne s’en va pas nous entrons dans la…
3. Tolérance : supporter en sécurité : nous résistons encore et espérons que l’émotion va partir;
4. Ouverture, permission : laisser les émotions aller et venir. Adaptation;
5. Amitié : compréhension d’une valeur cachée dans l’expérience- engagement- compassion.

Lorsque nous sommes submergés par l’émotion, la démarche est d’explorer où l’émotion est localisée dans le corps. C’est différent pour chacun, cependant la colère est souvent sentie comme une tension dans le cou, la tristesse, une oppression dans la poitrine, la honte comme une sensation de vide dans le haut du corps et dans la tête. De nombreuses émotions, en particulier la peur, sont ressenties dans l’abdomen ;  d’où l’expression «  sentir dans les tripes ».

Il est facile d’être conscient du corps car le mouvement dans le corps est lent et tangible.
La conscience des émotions est un peu plus difficile que la conscience du corps, mais la conscience des pensées est le plus difficile.
Lorsque nous découvrons nos émotions dans le corps, elles se stabilisent et ne peuvent autant nous secouer.

Exercice de pleine conscience des émotions dans le corps
10 mns – choisir une émotion difficile ( une situation générant l’émotion difficile) – pas trop difficile la première fois-
Position confortable, fermer les yeux, prendre 3 respirations profondes.
1. Notez votre posture sur la chaise, comme si vous pouviez vous contempler vous-même de l’extérieur.  Entrez dans votre corps, sentez votre corps  bourdonnant de sensations (énergie)
2. Maintenant rassemblez votre attention dans la région de votre cœur. Placez votre main sur votre cœur si vous le souhaitez.
3. Placez votre respiration dans la région du cœur et pratiquez la respiration consciente. Ressentez le mouvement de  votre poitrine quand vous respirez. Quand votre esprit s’en va, ramenez le sur la sensation de la respiration.
4. Au bout de quelques minutes, relâchez votre attention de votre respiration, et laissez revenir l’émotion difficile.  (vous pouvez aussi vous rappeler la situation dans laquelle vous avez ressenti cette émotion)
5. Maintenant étendez votre conscience à votre corps entier. Pendant que vous vous rappelez l’émotion, scannez votre corps à la recherche de la localisation de l’émotion. ( l’endroit où vous la sentez le plus) depuis la tête jusqu’au pied, vous arrêtant à l’emplacement où vous ressentez de la tension ou de l’inconfort
6. Maintenant choisissez un seul emplacement dans votre corps où l’émotion s’exprime le plus. Tournez vous avec bienveillance vers ce lieu ; continuez à respirer normalement, en autorisant la sensation à être là, juste comme elle est. Vous pouvez garder votre main sur votre cœur.
Si vous vous sentez submergé par l’émotion, restez seulement avec votre respiration, jusqu’à ce que vous vous sentiez mieux, puis retournez vers l’émotion.
7. Respirez quelques minutes encore, puis ouvrez les yeux

Débriefing : avez-vous noté que votre émotion pouvait être ressentie dans plus d’endroits que prévu ? Avez-vous senti combien le corps résiste aux émotions inconfortables ? Votre corps a-t-il commencé à lâcher prise quand vous avez apporté une conscience bienveillante et sans jugement dans les lieux de tension ?
Lorsqu’une émotion est libérée dans le corps, l’esprit lâche prise également.

La régulation de l’attention conduit directement à la régulation émotionnelle.

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